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Full text of "Réponse d'un preat de la Cour de Rome à la lettre d'un abbé, sur la censure des 31 Propositions"

DUKE 
UNIVERSITY 




DIVINITY SCHOOL 
LIBRARY 



A . 4 }£• 




/ 



a . 0r 



RE PO N S E 

I 11 D'UN PRE'LAT 

DE LA COUR DE ROME 

A LA LE T T RE 

D'UN ABBE', 

SVR LA CENSV RE 
des 31. Profjofîtions. 

M. DC. JTCI. 



Digitized by the Internet Archive 
in 2013 



http://archive.org/details/rponsedunpreatdeOOnpnp 



REPONSE 

D'UN PRETAT 

DE LA COUR DE ROME 

A LA LETTRE 

D'UN ABBE', . 
fur la Cenfure des 31. Tropojîtions. 

^/f Ons ieu r, 

Je viens de recevoir votre Lettre. 
Et pour vous dire d'abord ce que 
j'enpenfe en général , après l'avoir 
lue exa dément /je voudrois quelle 
ne fût point imprimée, tant je la 
trouve oppofée à nos véritables in- 
térêts dans la conjoncture prefente. 
Bien loin de remédier au mal que 
la Cen-fure nous a fait, elle ne feit 
qu à l'aigrir, &c elle eft Coûte propre 
à réjouir nos Adverfaires. En effet 
quel triomphe pour les Jefuites, qui 
A i§ 



Sîfoicnt tôïit haut , que jamais non? 
ne nous foumettrions au nouveau 
Décret ! Le Public prévenu là-def- 
fus ( car vous fçavez , Monfieur, 
que nous ne paffons pas pour des 
gens fort dociles ) s'attendoit à ju- 
jer de nous par l'événement ; Se 
voici que vous élevez la voix pour 
annoncer à toute la terre, que la 
prédiction des Jefuites n'etoit que 
trop vraie. Ne nou§ aveuglons 
point, Monficur, il ne s'agît pas 
ici de décharger fa bile j perfonne 
n'cft plus outré que moi de l'affront 
que nous venons de recevoir: ce- 
pendant il faut Ce ménager. Il n'y a 
pas quatre ans que cette Cour étoit 
pleine de gens tout dévoués à Saint 
Auguftin -, maintenant ce n'elt plus 
cela, à peine y refte-t'il deux ou 
trois perfonnes confidcrables, fur 
qui nous pui fiions compter, & fe- 
ront-elles en eut d'agir ,lorfqu'on 
nous verra écrire contre le S. Siège ? 

Vous croyez avoir remédié à tout, 
en difant qu'on n'attaque point le 
S, Siège, éc que ce n'eft ici qu'un 



Décret de l'inquifition. Je l'avoue, 
ôc dans le fond de mon amc je fçai 
bien ce que j'en dois penfer. Maia 
quelle idée , Monficur , voulez-* 
vous qu'on air de notre fincerité 
ôc de notre droiture, lorfqu'aprc* 
nous avoir vu exalter ce Tribunal, 
quand les Décrets nous en étoient 
favorables, on nous voit iîx moi* 
après en parler avec mépris, & 
dune manière à rendre inutile 1* 
cenfure de laThcfcdu Péché Phi- 
ïofophique ï Cette cenfure , dites- 
vous , étoit auflî fage, que l'autre 
eft folle. Songez-vou$, Monficur, 
qu'en parlant de la forte , vous nous 
expofez à la riféede tout le monde ? 
Quoi, en ferons-nous crus vous 5c 
moi lur les Arrêts qui nous con- 
damnent 3 & ces Arrêts n'auront-ils 
de poids Se d'équité qu'autant que 
nous les approuverons? Pourrons- 
nous jamais empêcher qu'on ne fa{îe 
une comparaifon , qui ne fauroit 
manquer d'être odieuic pour nous- ? 
Le Tribunal de l'inquifition a con- 
damné la Thefc d'unjefuite de Di- 
A iij 



'a 

)©n. Des que le Décret a paru , il a 
été reçu avec fourni iTîon de tous les 
Jefuites,fans qu'aucun d'eux en ait 
parlé que pour l'approuver, lePro- 
Fe fleur lui - même s'y étoit fournis 
par avance dans un Ecrit public, 
dont le Pape Alexandre VIII. fut 
édifié. Quelques mois après le mê- 
me Tribunal a condamné 3 1 . Pro- 
portions qui font répandues dans 
tous les ouvrages de nos amis, ÔC: 
qui font comme l'abrégé de leur 
doctrine* Mais ces Proportions ne 
ion t pas plutôt cenfùrées, que nous 
nous élevons contre la cenfure \ que 
nous nous déchaînons contre les 
Cenfeurs. Cen'cflcn France &: en 
Flandre qu'invectives & que faty- 
res. L'un dit que les Proportions 
condamnées n'ont point d'auteur: 
l'autre, qu'elles ont été p ri fes dans 
un mauvais fens. Il n'yen a pas un 
feul àqui on ait entendu dire com- 
me aux Jefuites : Nous fouferivons 
à la ceniure \ elle eft jufte *, les Pro- 
portions ne valent rien. Quelle 
différence, bon Dieu , entre eux & 



nous î Je vous avoue^onfieuf, qae 
cette comparaifon me tue : car je 
m'imagine à tous momens entendre 
les reproches qu'on cft en droit d« 
nous faire : Hé bien , Mefîîeurs^ 
voila ces Jefuites, que vous nous 
dépeigniez comme des gens bouffis 
d'orgucuil, & tout pleins d'eux-mê- 
mes, les voila humbles 8c fournis*, 
tandis que vous autres vous vous ré- 
voltez contre le Tribunal auquel' 
vous vous êtes adrefles dans L'affairé 
du Péché Philofophique. 

En vain Monfîeur , nous noue 
efforçons de chercher des différen- 
ces entre leur caufe & la notre. Ces 
diffetences^ou neparoiffent poiat 3 
ou ne fervent qu'à nous confondre. 
Toute la terre , difons-nous 3 avoir 
déteftéle Philofophifme avant que 
Rome l'eût cenfuré: mais quoi* le 
Janfenifme étoit-il moins en hor- 
reur à toute la terre ?" ôc nous-mê- 
mes , afin d'appaifer le genre hu- 
main 3 n'a von s- nous pas été obligés, 
de le faire paffer pour un phantô- 
me? Or ce prétendu phantônae n& 
A iiij; 



i 

Redevient - il pas une réalité, Ior£ 
qu'on vous voit, Monfîeur , blâmer 
laccnfure de huit ou dix Propor- 
tions plus Janfeniftes que celles de 
Janfenius même? Le Philofophif- 
mc parut horrible avec le mafque 
que lui avoit donné Monfîeur Ar- 
nauld : mais quand on en cft venu 
au fond, & qu'on a vu fur cela les 
/entimens des Jeiuitcs,& ceux du 
ProfeiTcur de Dijon, vous le fça- 
vez , Monfîeur , tout ce grand bruit 
s'en eft allé à rien, ôc les honnêtes 
gens ont eu honte de s'être laiffé 
îiirprendreparde faulTes relations.. 
Mais le Janfenifme eft aujourd'hui 
ce qu'il étoit il y a quarante ans: 
nous difons toujours les mêmes 
chofes, de nous n'avons pas eu plus 
d'égard pour les Bulles des Papes, 
quoique reçues 5c publiées en Fran- 
ce, que nous en témoignons au- 
jourd'hui pour les Décrets de l'In- 
quifition. Il paroitra donc vifîblc- 
mentque tout ceci n'eft qu'un jeu, 
èc un vain prétexte de gens réfolus 
a ne point céder. 



9 

Voila fort fînccrcment , Mon- 
fîcur , les raifons qui me font juger 
qu'il eût fallu recevoir en filence le 
coup qui nous eft porte par cette 
cenfure. 

Au regard de Thiftoire que vous 
en faites , je ne fçai pas qui eu: 
l'homme qui en a fourni les mémoi- 
res au Prélat que vous citez \ mais 
vous pouvez tenir pour autarcique 
cet homme eft un aventurier , fur la 
foi de qui il vous fera très- honteux 
d'avoir compté. Car tout Rome fer- 
vit'a de témoin de la faufTcré de vo- 
tre récit j & je ne doute pas que le 
P. Porter* qui eft en France, ne * lffP ,' Porte - 
nous confonde la-delius,iui qui a les agiffoît furi* 

pièces en main, Se qui feait les faire P IO "«tioti 
r x » de plus de \ o. 

valoir mieux que perionne. des princi- 

Vous foutenez que les Tefuitcs P* Uï da Ç !cr " 

n ont pouite 1 a flaire des 5 i. rropo- lier que icga- 

jfîtions , qu afin de venger en quel- licr * 

que façon leur Morale condamnée 

en 1 67 9. Première faufleté. Les 51. 

Propositions avoient été déférées à 

Rome troisans auparavant, c eft à 

dire > en 1 6 7 6 . fous le Pontificat de 

A v 



Clément X. par un ancien Théolo- 
gien deTOrdrede S,François,nom- 
mé le P. Bruno Neufler, que nos 
Adverfaires des Païs- bas avoient 
dépuré exprès pour reprefenter au 
S. Siège le danger où étoit TUni- 
verfité de Louvain d'être infectée 
par quelques-uns de nos Do&eurs 
trop ouvertement déclarés pour la 
doàrine de Monfieur d'Ipres. Clé- 
ment X. étant venu à mourir pref 
qu'auflî-tôt que le P. Neuffer fut 
arrivé à Rome, ce Perequi voyoit 
par là Ton affaire accrochée, & qui 
étoit obligé de s'en retourner, en 
chargea un autreReligieux dupaïsV 
nommé le P.Seraphim deJefus-Ma- 
ria, Carme. Et ce fut pour lors que 
nos Meffieurs de Louvain, appré- 
hendant ce qui devoit arriver, cher- 
chèrent à faire diverfton. Le Con- 
fe fleur du Papelnnocent Xl.ne s'en- 
apperçut que trop, lui qui voyant 
arriver nosDodeurs avec leurs Pro- 
portions de Morale, VeiU , dit-il^, 
des gens cjtiHns intrigue pleine de: 
sua lia amené ici, four rendre fvfm. 



II 

feOe & odiettfe U jttfte plainte dis 
DoftcHrs orthodoxes. Je ne fçai pas 
fi N.S.P.Ie Pape Innocent XI. aroic 
choifî lui-même pour Directeur un 
partifan de la Morale relachée,mai$ 
il eft toujours vrai que Ton Confef- 
feur parla ainfi ; & fans examiner 
maintenant s'il a voit raifon ou non, .. 
je veux feulement vous dire, que 
c'eft une chofe tout à fait plaifantc-- 
de nous voir traiter de récrimina- 
tion une plainte qui a précédé toit-; 
tes les nôtres. Non, Monfîeur^ il cft 
certain que nous n'avons député ... 
qu'en 1 67 7. contre lesPxopofitions; 
de Morale , &c que des 167 pa« « 
roi (Toit des livres contre 1103 Propo- 
rtions. Ainfi la chronologie nous, 
condamne,. & fait voir que s'il y a 
eu de quelque côté de la vengeance : 
& du deflein de donner un centre- 
coup , ce deffein ne peut être attri- 
bué à nos Adverïàires, mais uni-» 
quement à nous, .tomme, en effet 
on nous l'attribue. Or quetoit-iî! 
âjeceflàire, Monûeur , d'aller ttx 
muet tout cela } 2 



Il 

La cenfure qui vient de paroître, 
étoit portée, dites-vous il y a déjà 
huit ou neuf ans j mais le Pape In- 
nocent XI. s'y oppofa tant qu'il vé- 
cut. A qui pietendez-vous en faire 
à croire , Monfieur ? A nos Ro- 
mains > qui ont vu de leurs yeux 
toute la fuite de cette affaire ? Vous 
fçaurez donc , Monlieur, que l'exa- 
men pour la qualification des $r. 
Proportions n'a commencé qu'en 
i 6 S i . 3c qu'il a duré près de deux 
ans 3 au bout dcfquels a commencé 
le rap@rt ^qui fe fnfoit tous les Jeu- 
dis de chaque ïemaine en prefence 
des Cardinaux. Ce report fut inter- 
rompu par la découverte du Quié- 
tifme,qui fufpendit toutes les au^ 
très affaires du S. Ornce. 

La dernière maladie d'Innocent 
XI. vint là-defius, avant que l'in- 
formation fur les $i. Proportions 
fut en état d'être rapprtéc devant 
lui : comment donc vous cecs-vous 
avifé de dire , que la cenfure étoit 
portée il y a déjà huit ou neuf. ans 3 
m ais qu'Innocent XI. s'y étoit tou- 



jours oppofc ? On fixait que ce fur 
à lui-même quelc P. Porter s'adrciTa 
le iz, Juillet 1 679. pour piefenter 
h lifte de nos Proportions : car 
c'eft immédiatement au S. Siège, te 
non pas à l'inquifition , qu'elles ofit 
été déférées. On fçaitqucce fut lui- 
même qui nomma quatre Théolo- 
giens pour examiner avant toute-s 
chofes, il ces Proportions n'étoient 
point fuppofées', & cela parce qu'on 
avoit reconnu, mais trop tard, la 
fourbe des Docteurs de Louvain 
dans les 6$, Proportions de Mon- 
iale, dont la plupart font ou falfî- 
fiées, ou purement- fabriquées, ayant 
été impolîiblede les montrer dans 
aucun Auteur. Ce fut encore In- 
nocent XI. lequel après qu'on eur 
produit les livres &c les thefes d'où 
les Propofîtions font tirées , députa 
tout de nouveau huit Théologiens, 
pour examiner en fon nom la doc- 
trine de ces Proposions, afin d'en 
dire leur fentiment & aux Cardi- 
naux , & à lui-même. Au refte ces; 
huit Théologiens , Monteur , ne 



* 4 

font pas moins eftimés ici pour être 
Moines. La manière Faftueufe ÔC 
méprifante dont vos Abbés de Cour 
s'accoutument à parler des Régu- 
liers , n eft pas reçue favorablement 
dans les pai s étrangers, où Ton îe 
/buvienc fort bien que ce font eux 
qui ont donné a l'Eglife dans tous 
les ficelés ce qu'elle a eu de meilleur 
foi t dans T Epi feopat, foit dans l'E- 
cole, foit dans la Chaire. Quoi 
qu'il en foit , vous pouvez juger par 
ce que je viens de vous dire en fe- 
cret & confidemment; (car tout 
ceci ne vous palïèra pas , Monfieur,, 
les Jefuites en tireroient trop d'a- 
vantage) s'il y a lieu de publier 
qu'Innocent XI. s' eft oppofé à la 
cenfuredes jï. Proportions. Tout 
ce qu'on pourroit croire de lui, c'efi 
qu'il a travaillé un peu lentement à 
la decifion de cette affaire. Je dis 
fcien davantage , s'il étoit vrai , 
comme vous vous en flattez, qu'il 
eût panché de notre côté, ce feroit 
pour nous un double affront d'avoir 
tiXi condamnés, & condamnés par 



des Confultcurs qu'un Pape notre 
ami auroitchoifi lui-même dans le 
deffein de nous épargner. 

Que leur cenlure ait été publiée 
à l'infçu d'Alexandre VIII. c'eft en- 
core une chofe fans fondement &C 
fans apparence. Cariln'eft pas ne- 
eerTaire d avoir été à Rome pour 
fçavoir que nul Décret appelle 
F e r i a v. n'eft porté que dans 
une afTembléeoù le Pape le trouve 
en perfonne : c'eft une chofe donc 
tout le monde cftinftruit. Mais on 
ne Feft peut-être pas d'une autre 5 
qui y fi elle vient à être feue , rendra 
un peu ridicule cet endroit de votre 
Lettre. Ceft, Monficur , qu'Ale- 
xandre VIII. avant que d'être élevé 
au Pontificat , avoit été lui-même 
un- de nos Juges , &que de tous les 
Cardinaux il n'y en eut aucun de 
plus affidu que loi aux Congréga- 
tions qui le tinrent fur cette af- 
faire *, car il ne manquoit point 
de s'y trouver, Ôc on a remarque 
qu'il écoutoit avec beaucoup d'ap- 
plication les avis des Théologiens . 



ri 

Voyez s'il nousfied bien après cela 
de dire que nous avons été condam- 
nes à Ion infçu. 

Je ne faurois non plus vous par- 
donner, cjue vous ayez été vous in- 
ferire en faux contre ces Propor- 
tions , comme fi elles navoient 
point d'auteur. Pourcjuoi irriter fur 
cela des Ennemis qui fe taifent, 5c 
qui ont en main dequoi nous con- 
fondre? Qui eft-oe de nous qui 
ignore que la première Proportion 
par exemple eft de feu M r de Tour- 
nay ? c'eft la plus odieufe de toutes, 
quoique la plus nece flaire aux di(- 
ciples de S. Auguftin. Les autres 
ent été produites de même avec le 
nom de leurs auteurs, avec les pie- 
ces d'où elles font tirées. On a été 
près de trois ans à j jftifTer tout céla, 
parce que nous n'avons rien négligé 
pour rendre la chofe difficile : mais 
malgré les foins officieux de Ricci 
alors Théologien , &c depuis Car- 
dinal, fameux par l'étroite liaifon 
qu'on fçaitqu'il a toujours eu avec 
nous, les trois autres Théologiens 



déclarèrent 3 que toutes les ft. Prfc- 
pofitions écoient fidèlement citées» 
De manière que le non efl auElorié , 
non sonflat) que l'on a vu écrit de la 
main de Ricci à coté d'une ou de 
deux Proportions , ne palTera au 
plus que pour le témoignage d'um 
feul homme,&d un homme ïîifpccl:. 

Mais à quoi bon, diront les gens, 
s'embarafler , fi les Propofitions 
condamnées font effectivement des 
Douleurs Flamans , à qui ont les at- 
tribue pour la plupart. Ilparoîtcft 
Fiance & à Rome un parallèle de 
ces mêmes Proportions avec celles 
de M r Amauld, dont les ouvrages 
font entre les mains de tout le mon- 
de. Ce parallèle , Monficur y fait 
bruit ici 3 tout le monde veut le lirc^ 
Noffeigneur.s les Cardinaux en ont 
plufieurs exemplaires dans le Con- 
clave ; de tandis qu'au lieu d'union 
montre plufieurs Auteurs des Pro- 
pofitions condamnées > vous dites 
que ce font des Propofitions en 
l'air : vit-on jamais un plus fâcheux 
contre-temps ? Au refte il vous pa~ 



ïoît ridicule, qu'au lieu de les qua- 
lifier chacune en particulier , on 
les ait ceniurées en tas & en hloc\ 
ce font vos termes. Mais prenez 
garde, mon eher Monfieur , que 
celles de Morale ont été cenfurées 
de même , Ôc qu'alors nous le trou- 
vâmes fort bon. D'ailleurs quoique 
la cenfure paroi (Te vague, ne croyez 
pas que l'avis desConfulteurs l'ait 
été. En voici un fragment qui m'a 
ete communique par un ami, ce qui 
vous fera voir avec quelle précau- 
tion Ion Teconduit dans ces fortes- 
dc jugemens.-Je vous le garantis^ 
Mais il n'eftpas fur les premières. 
Proportions , qui paiTent pour les 
plus mauvaifes y il commence à la? 
quinzième, Se raporte en un mor 
L'avis de chaque Confultcur. 

XV. Propos iti on, 

U attrition qui efl conçue par la 
crainte de l'Enfer & des peines A 
fans amour de pieu four lui-même , 
neft pa^ un bon mouvement 9 ni un- 
mouvement furnatureL. 



le premier Confulceur a dû : Ctttt Tre» TouslesColw 
fofitton efi erronée. fu'tcurs ne fe 

Le fécond : Ette efi erronée. trourent pas 

Le troifierae: Elit approche del'htrefie, {"fl^blcei 
Le quatrième : En la prenant au fens ma j S i es abi 
de l'Ecole , le moins qu'en en puiffe dire , fens ne maa- 
c'efi quelle approche fort de l erreur ; ce. quem P »" 1 
pendant prife dans le fens des Auteurs , elle JjjïjJ^^ 
rte rmr'tte aucune cenfure. ay j Sî 

Le cinquième ; Elle efi hérétique t & 
retombe dans la Propofition précédente qui 
vfi celle-ci : La crainte de l'Enfer n'eô. 
point furnaturelle. 

XVI. Proposition. 

Z'ufage de ri ab foudre qu'après 
l'a fatisf action ri a fa4 été introduit- 
far la difiîplint ou Finftîtutim de 
l'Eglfe i mais il vient de la Loi 
wewe & de l'Ordonnance de J.Ç. 
la nature de la chofe le demandai 
ainfi en quelque forte. 

Le premier ConfulteiK a dit : Cette ïrt» 
pofition pnfe dans le fens de l'Auteur ne 
mérite aucune cenfure. 

Le fécond ; Elle tombe fous la cenfure 
portée par Sixte IV. contre Pierre de Of- 
maduns la huile X VI I, fui déclare cette 
doUrine hérétique. 

Le iroiûcme : EHe efi téméraire, errs* 



le 

née; ht en plut , elle eft hérétique , & déjà 
tondmnnée comme telle par Sixte IV. dans 
fa ~Buâe contre f terre de Ofgna. 

Le quatrième : Elle eft injurieufe , per» 
nicuufe ,fa*Jfe , elle fent Vherefie. 

Le cinquième : Elle tft erronée , eUt 
fent l'herefie, & elle eft fcandaleufe. 

Le fixieme ; Elle eft douteufe. 

XVII. Proposition. 

L'ordre de U Pénitence eft ren» 
verfé par U pratique d'abfettdre 
■dvjfî-tot après la Cenfejfion. 

Le premier Ccnfulceur a dir ; Cette Pre- 

jffi/kiif» tft injurteufe à ÏEglife. 

Le fecoud : Elle tombe encore [eut la 
cenfure dtStxiê l V . qui Va déclarée he~ 
retique dans Pierre de Ofma. 

Le troifieme : Elle eft erronée & hère- 
tique. 

Le quatrième : Elle eft erronée & kere» 
tique. 

Le cinquième : ¥Ht eft erronée , elle fent 
Vherefie , & elle eft fcandaleufe . 
Le fixieme : Eût eft erronée & hérétique. 

XVIII. Proposition. 

L'Eglifc ne tient point pour tin 
ftfage , usais pour un abus , la cou.» 
t terne moderne en ce qui regarde l'ad» 



n 

mmjrrAtlon du Sacrement de Pe*iï 
fence , encore que cette pratique foi$ 
foutenue far l'autorité de flufieun^ 
& confirmée far me longue fuite* 
d'années. 

I Le premier Confulteor a dit : Cette Très 
| fofition ne mente aucune çenfure. 

Le fécond : Elle tombe comme les deux 
{précédentes fettf la eenfurt de Sixte I P% 
qui déclare cette doctrine hérétique dans 
- Pierre de Ofma» 

Le troisième : T.fle eft erronée & here* 
tique. 

' I Le quarrîcme \ ISHe eft erronée & bera* 
\>iqne , pourvu quelle ait un auteur. 

* 1 Le cinquième : Elle eft erronée , elle fent 

'i'herefte , elle eft fcandaleufe & téméraire, 
p Le fixteme: Elle entretient le reld(he~ 

t'huent dans le cœur des fidèles. 



Jugez après cela, Monficuf , Ct 
on peut dire que notre do&rinc a 
!té cenfurée entas & en bloc, fans 
lifcullîon &: fans examen, comme 
i'aîlurc le Prélat , dont la harangue 
|:ft raponée fort au long dans votre 
ettre. Je ne fçai quel peut être ce 
rélat j mais quel qu'il foit , il ne 
ous a guère d'obligation de l'avoir; 



cite de la forte : un difeoufs comme 
îe fien n etoit pas à publier i c'eft 
moins le difeours d'un Evêquc , que 
«I un Miniftre, & d'un Miniftre 
emporté. Son beau projet touchant 
les Conciles Se l'Hiftoire Ecclefia- 
ftique va droit à vous donner de 
nouveaux Ccnturiateurs de Mag- 
4ebourg. 

Pour ce qui eft de la 1 9 . Propor- 
tion qui regarde le Pape, je fouhai- 
terois de tout mon cucur yue Mcf- 
fleurs vos Prélats voulurent bien 
l'adopter. Mais quelle apparence 
qu'ils s'engagent à foutenir un E- 
tourdi, qui non content de dire 
avec le Clergé de France, que le 
Pape peut errer, ajoute à cela du 
lien, des invectives 3c des cen- 
sures contre l'opinion conttaire. 
Non , Monficur, le Clergé en: trop 
lage pour entrer dans une affaire 
comme celle-là, qui n'en: nulle- 
ment la fienne. Quelque homme 
violent & brouillon pourra bien fe 
déclarer , mais il n'en recevra que 
de la honte; ainll le ijrul parti qu'il 



y a a prendre , mon chef Monfïcilf s ' 
c'eft le filence ôc la diflîmulation; 
Je fuis autant ou plus que vous dis- 
ciple de S. Àuguftin & de la Grâce : 
je croi dans le fecret de mon cœuc 
tout ce qu'a enfeigne Monfieur d'I- 

i>res '■> mais il n'eft pas temps de par- 
er, peut-être Dieu nous preparc- 
t'il un Pape qui nous fera favorable. 
Nos amis de ce païs-ci gemifïenc ? 
mais ils ne perdent pas courage : ne 
faifons rien, je vuus j^iic, qui foie 
capable de renverfer leurs mefurcs^ 
Se d'attirer tout de nouveau les fou- 
dres du Vatican fur notre do&rine» 
Je fuis , 8cc. 



J'oubliois l'article des Cenfures âc 
touvain & de Douay. Tant s'en fane 
qu'elles ayent été approuvées, comme 
vous le dîtes , qu'on a déclaré au con- 
traire qu'elles ne le feront jamais. Nos 
Ennemis ont déterré un puiffant volume 
in folio , contenant les prétendus fean- 
•dales que ces Cenfures cauferent jadis , & 
pour lefquels Rome les fit fufpendrc. Ce 
volume étoit dans le Greffe de l'Inquiû- 
cion 9 L'Mefleur le produisît au S. Office^ 



£r Et ioli ch ittcmc temps , que ces deux 
Ccnfures comprennent les fondemens de 
sotre doctrine. Là-defTus on nous a ren- 
voyés , en nous difant touc bas , que bous 
cherchions à furprendre le S. Office. Les 
Moliniftcs en ont triomphé , & n'ontpas' 
manqué d'envoyer en Flandre des témoi- 
gnages authentiques du refus que nous 
ayons reçu. C'eft encore une faufTcté que 
le prétendue approbation de nos Propor- 
tions de Morale. Jamais , entre aous ,ni 
le Pape , ni l'Inquifîtion ne fc font expli- 
qués là-deflus que pour les condamne*. 
Preuve de cela , c'eft que v« deux Puif- 
fanecs ne prononcent fur ces fortes de ma- 
tières que par écrit, <8c nous n'en fautions 
produire aucun en notre faveur.